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Conversation sur le thème de : "Quand l’enfant dit NON"


Lorsque je parle avec d’autres parents, le thème de comment réagir face au comportement de notre enfant quand il nous dit « non ! », revient assez régulièrement. On pense que notre enfant est difficile. Cette négation sortant de sa bouche est souvent perçue de manière négative par le parent comme étant un vrai problème. Voici ici quelques pensées qui ont personnellement donné une autre dimension à ma perception de ce « Non de l’enfant ».

Comment réagir face au « NON ! »

Conversation animée par Michèle ELBAZ, le mardi 26 janvier 2010, au Palais des congrès de Rochefort.

« Conversation » : Mot qu’a définit Michèle ELBAZ afin de souligner que cette soirée n’était pas une conférence mais bien une « conversation » c’est à dire « l’art de s’incommoder ». Elle a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas hésiter à rebondir sur ce qui était dit durant les échanges.

Mme ELBAZ, a introduit le sujet en nous présentant un topo sur le « NON ». Selon elle, nous vivons dans un paradoxe car nous vivons dans une société où tout est organisé autour de l’enfant et dans laquelle ce dernier peut tout obtenir. Nous nous étonnons donc lorsque l’enfant nous dit « NON ».

Le « non » que l’adulte formule met un arrêt à un plaisir. L’enfant veut continuer à jouer et en lui disant qu’il doit aller au lit par exemple, on le prive de son plaisir de jouer.

Le « non » de l’enfant est la formulation d’une réponse face à une demande qui a dû le marquer. Ce « Non » apparaît comme le signe d’une anomalie, une marque de provocation.

Michèle ELBAZ fait mention au « non intransitif » qui est le « non » à rien, opposé au « non transitif » qui est la réponse négative face à quelque chose, une demande par exemple. Cette dernière est perçue comme une forme de refus ou de retrait ou bien encore comme un symptôme.

Ce « non » prononcé par l’enfant, peut-être également le « non » que le parent ne prononce pas. Il est comme un temps d’arrêt pour que le parent se questionne, s’interroge.

Il existe aussi le « non » qui permet à l’enfant de se donner une identité face à tout ce qu’on lui demande et de marquer ainsi son existence. Ce « non » lui donne l’habilité à exprimer sa propre pensée, de construire sa propre énonciation et donc de faire preuve de trouvaille et de créativité. Il lui donne tout simplement la possibilité de parler, d’avoir une voix.

Enfin, toujours selon Michèle ELBAZ « pour qu’il y ait des choses possibles, il faut qu’il y ait des choses qui ne le soit pas ».

Le contenu, d’un haut niveau m’a permit de prendre conscience et me faire réaliser combien le « non » de l’enfant n’est pas si négatif comme on le pense souvent mais au contraire de réaliser combien il est important et fascinant puisque c’est à travers lui que l’enfant devient une entité à part entière.

Une maman de trois petits garçons.

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